Friday, December 4, 2015

Je t'en veux

Je t'en veux. Pis pas juste un peu.

Hier, je t'ai écris à quel point je t'aimais et que j'étais bien avec toi. Toi, tu as usé du silence comme réponse. Tu étais distant dans notre conversation et je savais que tu n'allais pas bien. J'ai stupidement essayé de te consoler, pensant que c'était ton stress de fin de session qui te tracassait. Tu as joué le jeu et m'a remercié, sans plus, pour mon attention.

Tu m'as alors dit que tu voulais qu'on parle et si j'étais disponible maintenant. Je t'ai dit oui, bien évidemment.  Cela tu ne le sais pas, mais mon coeur battait la chamade. Je me doutais bien à présent que ton humeur avait un lien avec moi. 

Tu m'as appelé et ta voix était loin d'être enjouée. Tu y avais réfléchi que tu disais, et par toi même t'étais arrivé à la conclusion que j'étais trop émotive. Tu disais que si jamais dans le futur t'aurais besoin de mon support, je ne serais pas en mesure d'honorer cette demande. Tu disais que quand je pleurais, tu ne savais pas comment agir. Tu disais que t'avais trop peur de me faire mal.

Sur le coup, j'ai essayé de comprendre ton point. Cela aussi tu ne le sais pas, mais des larmes coulaient sur mes joues durant l'entièreté de cette conversation. Je te l'accorde et je te l'ai accordé, je pleure énormément. Je suis émotive et honnêtement, je ne pourrais jamais avoir un coeur de pierre, jamais.

On est resté je ne sais combien de temps au téléphone, à essayer tant bien que mal de trouver un arrangement qui te convenait, qui nous convenait. J'ai essayé de te l'expliquer, mais je ne crois pas que tu ai tout à fait saisi la chose. Mes pleurs n'ont pas la même signification que les tiens. Quand je pleure, oui parfois c'est par tristesse, mais ce n'est pas toujours le cas. Je peux pleurer parce que je suis émue, de la même façon que je peux pleurer parce que j'en avais besoin. Les pleurs, à mes yeux, ce n'est pas quelque chose d'intrinsèquement négatif. C'est une sorte de libération

Je te l'ai dit, mais je l'écris à nouveau ici: Je veux être là pour toi. Je veux être assez forte pour te supporter quand tu en as besoin. Je veux que tu comprennes que tes émotions ont autant d'importance que les miennes dans notre relation. Et si tu veux vraiment la vrai vérité, je passe tes émotions bien avant les miennes. MAIS, je sais qu'il y a place à amélioration. Je sais que je peux faire mieux et je travaille là-dessus. Je sais que ce n'est que des paroles, mais les actions vont suivre. Cela tu ne le sais pas, mais je me le suis promis. Je veux m'améliorer et je veux que tu te sentes bien. C'est extrêmement important à mes yeux.

Alors pourquoi je t'en veux?

Je t'en veux parce que tu me reproches d'être émotive. Ça me fait chier, parce que je suis bien d'accord avec toi. Moi aussi, je me trouve trop émotive. Ça m'énerve que tu me le reproches, même si tu en as le droit. Tu m'as dit que c'était le seul aspect de moi qui te faisait douter pour notre futur. LE SEUL ASPECT. Je ne comprends pas pourquoi tu focus là-dessus. Moi aussi il y en as des trucs qui m'énervent. Je n'en parle pas, car je les juge insignifiantes ces choses. Si tu veux tout savoir, moi ça me gosse de seulement pouvoir te voir une fois par semaine. Ça me gosse de pas pouvoir voir mon chum comme tout le monde. Ça me gosse que quand on se voit, on ne sort plus, on étudie.Ça me gosse que tu me dises que je dois faire des efforts pour passer par-dessus le malaise que j'ai avec tes parents, quand je sais pertinemment qu'ils ont dit des choses blessantes à mon propos. Ça me gosse qu'on ne s'offre pas de cadeaux. Ça me gosse. Mais je comprend, et en y réfléchissant bien, je t'aime tellement que ces trucs là je m'en fou comme dans mile et que je suis prête à travailler tout ce que tu me dis.

Je pense que le mot gosser n'est pas approprié pour la suite. Ça me blesse plutôt. Ça me blesse que maintenant tu me reproches ma sensibilité , quand cela fait je ne sais combien de fois que je te le demande si ça te dérange. À ça tu me répondais: «Ben non ma belle, je t'aime comme t'es. Ça fait un an qu'on est ensemble, je commence à bien de connaître». Ça me blesse que tu me dises ça maintenant. Tu le sais que je suis insécure et je travaille tellement fort sur ça, comme t'en as pas idée. Ça me blesse que tu me dises que je ne serai pas apte d'être là pour toi. Ça me blesse, parce qu'une autre chose que tu me reproches, c'est que tu ne sais pas comment réagir quand je pleure. Je vais te le rappeler mon amour, mais les fois où j'étais en mini dépression, comment tu as fait pour me supporter?: tu as pleuré. Tu m'as dit que si je ne prenais pas soin de moi, nous deux ça devrait terminer. Voilà comment tu m'as supporté. Tu m'as dit que de me voir triste comme ça te rendait triste. Ça je ne te l'ai jamais reproché, parce que je comprend ta réaction. Voilà la différence entre toi et moi: Je comprend. Je comprend que tu ne savais pas comment réagir quand j'étais affreusement triste. Je te l'assure, je comprend.

Mais après, quand tu me reproches de pleurer quand tu ne vas pas bien, je ne te comprend plus. Pourquoi quand toi tu ne sais pas comment réagir tu me reproches mes pleurs trop fréquents, mais quand moi ma réaction à tes souffrances est de pleurer, tu me le reproches également.

Voilà pourquoi je t'en veux. J'ai l'impression de ne plus pouvoir être moi-même. Puis-je continuer de me confier à toi? Ou dois-je plutôt l'éviter, de peur que des larmes viennent à mes yeux quand je parle de quelque chose qui me touche?




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